Nos Mumpreneurs témoignent ! #1

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Passer de la bonne idée à son développement

Le concept Natidiv est né suite à un « burn out du biberon ». Tu sais que tu en souffres, quand tu préfères vider le lave-vaisselle ou déboucher l’évier plutôt que de le préparer.

Le plus terrible c’est quand ton mari te dit « Laisse ! Je vais le faire ! » et qu’il parle de l’évier !

Réussir à faire un biberon sans grumeau avec le lait digestif que le pédiatre avait prescrit à notre petite dernière qui souffrait de RGO, était devenu un vrai défi. Déloger toutes les deux minutes le grumeau coincé dans la tétine avec mes doigts tel un bouton bien mûr d’adolescent pendant que bébé pleurait me rappelait trop de mauvais souvenirs. Sans l’atiraille du parfait campeur (fouet, casserole, passoire) préparer un lait fluide et homogène s’avérait impossible et plutôt encombrant dans le sac à langer lors des sorties avec bébé. La seule chose qui me consolait et qui était plutôt bon signe en voyant flotter ces grumeaux dans le lait, était que leur présence attestait que l’industriel n’y avait pas ajouté d’aluminium, pour éviter justement leur formation.

Un matin, bien décidée à en finir (avec les grumeaux !) je me dis qu’il était venu le temps de réfléchir à un nouveau concept de biberons.

L’origine d’une idée innovante est bien souvent analogue pour tous les inventeurs. Elle découle d’une insatisfaction de l’existant. On imagine alors un produit que l’on aurait envie d’utiliser et dont l’usage serait facilité. Ce que l’on est loin d’imaginer, c’est le temps qui s’écoule entre la bonne idée et l’entrée sur le marché du produit innovant. La protection industrielle, la recherche et développement ainsi que la validation de la faisabilité technique, la fabrication des moules et le lancement de la première production sont en général de l’ordre de 2 à 3 ans.

(Quand je vous parle de minimum 2 ans, c’est vacances et week-end inclus, avec en prime, quelques nuit agitées)

Les premières semaines, nombreuses d’entre nous sont en alerte maximale pour éviter toute fuite de leur idée révolutionnaire. Et je parle en connaissance de cause. Quand il m’est venue l’idée d’un biberon nouvelle génération, j’évitais de parler de mon projet au téléphone par peur d’être mise sur écoute par un espion industriel ! Idem lorsque j’ai dû me renseigner sur la faisabilité de ce concept en tapant des mots clés sur Google : j’étais paniquée à l’idée d’être démasquée par Big Brother !

Si ce genre d’espionnage existe bel et bien, il est tout de même utile et surtout nécessaire de challenger son projet en en parlant autour de soi. Pour cela, et afin d’éviter de tomber dans une paranoïa extrême en se méfiant de tout et de tout le monde, votre priorité est de déposer une enveloppe Soleau à l’INPI pour un peu moins d’une vingtaine d’euros. Protégez votre idée en faisant également signer des accords de secret à vos interlocuteurs.

Vous vous sentirez ainsi plus rassurée et cela vous permettra de gagner du temps avant un potentiel dépôt de brevet. A ce propos, les permanences d’experts de l’INPI délivrent un premier niveau de conseils. Ces experts vous reçoivent gratuitement et sont tenus au secret professionnel. Ils vous indiqueront si votre idée est brevetable et vous orienterons vers les démarches à suivre. Les bases de l’INPI en accès libre regorgent également d’informations précieuses concernant les marques et les brevets.

Donc si après cette première mission vous êtes toujours motivée et pressentez que votre produit répond à un besoin réel, il n’y a pas une minute à perdre car vous allez devoir le justifier très vite.
Au début on est un peu perdue et on ne sait pas à qui s’adresser… Bringuebalée, on passe du jeu de piste au jeu de l’oie avec quelques retours à la case départ.

Je me souviens de ma première visite au Salon des entrepreneurs : lorsque je me présentais aux différents organismes susceptibles de m’accompagner pour protéger mon idée ou la développer, on me demandait si j’avais une étude de marché et un business plan. Têtue, j’arguais que ma priorité était la protection de mon idée (sinon j’allais très vite me faire rattraper par l’espion industriel ou big Brother, ou peut-être même les deux !). J’ai compris que mon affaire ne serait pas prise au sérieux tant que je n’aurais pas le Saint Graal, le sacro-saint du porteur de projet : une étude de marché légitimant ma démarche ainsi qu’un business plan.

Pour ce faire, n’hésitez pas à consulter le site de l’INSEE, les base de données de grands bureaux d’études (Xerfi, Euromonitor, Les Echos Etudes etc…), les bibliothèques et notamment pour les franciliennes, la BNF qui regorgent d’une multitude de données dans des domaines très variés (de nombreuses études de marché couvrant l’ensemble des secteurs y sont en accès libre). Faites également un tour sur les forums spécialisés pour vérifier si votre idée correspond réellement à un besoin insatisfait sur le marché.

Rapprochez-vous de votre CCI qui organise des ateliers récurrents concernant la rédaction d’études de marché et la création de business plan. Si la data n’est vraiment pas votre matière de prédilection, vous pouvez vous rapprochez d’écoles de commerce ou de site comme Malt.fr où respectivement des étudiants et des freelances se proposent de les faire pour vous. Entre nous, le faire par vous-même n’en sera que plus bénéfique car vous en serez véritablement imprégnée, notamment lors de vos pitchs de présentation.

Bon, une fois que vous disposez de votre sésame de légitimité (oui, oui, appelons-le comme ça), il est temps d’aller avec enthousiasme et assurance présenter votre idée auprès des organismes compétents comme par exemple, en plus de la CCI et de l’INPI, le Lieu du Design, votre région ou département qui disposent très probablement d’un pôle innovation, la BPI, Initiative France, Matériaupôle, Réseau Entreprendre… Tous ces organismes vous reçoivent gratuitement et vous aide à structurer le développement de votre invention et de votre entreprise.

Développer un nouveau concept est un grand investissement (ah qu’il était beau le temps de la vingtaine d’euros de l’enveloppe Soleau, snif !). Heureusement, certains organismes cités plus haut peuvent vous aider.

L’aventure entrepreneuriale est similaire aux courses Mud Day : sauts de haies, bains de boue, endurance mais parcours passionnant où l’on décroche parfois même des médailles ! Je me souviendrai toute ma vie du jour où ma conseillère BPI m’a appelée pour m’annoncer que ma région avait adoré mon projet et qu’elle me subventionnait. J’ai rarement ressenti une telle émotion.

Relever tous ces défis seule n’est pas pensable, vous aurez besoin d’être accompagnée pour traverser les étapes et, il n’est pas rare de franchir la ligne d’arrivée en tenant la main d’une cinquantaine de personnes.

Ne lâchez rien et entourez-vous de personnes bienveillantes qui ont eu le même cheminement que vous.

Prenez leurs conseils, cela vous fera gagner du temps. Soyez ambitieuse pour votre projet et entourez-vous des meilleurs dans leur domaine.

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About Author

Tatiana Bizard, Fondatrice Natidiv. Maman de trois enfants, Tatiana est devenue Mumpreneur avec sa petite dernière qui souffrait de RGO. Confrontée à la difficulté de préparer un biberon sans grumeaux, elle rêve d’un concept de biberon nouvelle génération qui s’adapterait à l’âge et aux besoins de l’enfant. Après deux ans de R&D et deux brevets, naît alors son quatrième bébé : la gamme Natidiv, des biberons évolutifs, modulables et anti-grumeaux.

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